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Emmanuelle Peters

Réunionnaise,  dernière d’une fratrie de six enfants, Emmanuelle  a longtemps fait taire en elle l’appel de la musique. Adolescente, la jeune « Manou » chante dans un groupe. Mais ses parents lui interdisent le sillage d’Alain, son frère, poète, rockeur, rebelle et devenu une légende musicale.

Longtemps, la musique sera pour Emmanuelle celle de son frère dont elle aura la primeur sous cette même varangue familiale où aujourd’hui elle a créée son nid et où elle exprime ses arts.

Si la fibre créatrice est présente en elle, ce n’est que loin de la Réunion qu’elle lui laissera libre cours. À travers la musique ? Certainement pas. La musique, c’était l’affaire d’Alain.

Emmanuelle a 19 ans. Elle rejoint son compagnon chercheur au CNRS , en Afrique du Sud. Elle y séjourne 3 ans. Celle qui composera “Kaniki pays”, celle qui chante la richesse du peuple réunionnais est mal à l’aise en plein Apartheid. Elle fréquente tout le monde. Sa proximité avec la communauté noire, lui vaut d’être fichée anti-establichement.

À peine dans le Bush, l’enfant du Chaudron hérite des toiles et des tubes de peinture de feu Charles Marbely, dont elle habite la ferme isolée. Elle s’applique, en autodidacte investie. L’art en elle bourgeonne par la peinture. Aidée du Rotary , elle expose deux fois dans la ville de Tzaneen.

De retour à la Réunion, lauréate d’un concours, elle obtient le droit d’exposer au cadre noir de Mizou Alacaraz, LA galerie réunionnaise. S’ensuit, une sélection pour le prix Ambroise Vollard qui ouvre une exposition collective à Champ Fleuri. Encouragée par ce parcours, elle s’offre l’année de formation de technicienne du spectacle, option décors. Elle y est la seule femme. Elle contribue alors aux décors de La mouette d’Anton Tchekhov, de Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre…

Fin des années 80, Emmanuelle franchit le pas. Elle s’installe en tant qu’artiste- peintre à son compte, dans des domaines aussi variés que l’affiche publicitaire (foire de Bras-Panon…), l’illustration de contes et roman ( «  Noël sous les tropiques » d’Isabelle Hoarau, «  Entre deux souvenirs » de Marie-Laure Payet), les agendas mais aussi les décors comme le Wex 1 de Thierry Jardinot…

L’art ne la fait pas vivre. La jeune mère choisit des études d’assistante sociale. Elle devient majore de promotion et d’école. Son temps se déroule désormais entre famille, métier, et quelques voyages.

En 2005, et pendant deux ans, un timide retour lui fait rejoindre l’UDAR. Elle y gagne un prix à la salle Beaudemoulin. Quelques toiles s’exposent au Canada, d’autres sont acquises par l’Artothèque…

En 2007, à son insu, son mari l’inscrit à Loulou Pitou. Elle s’autorise enfin la musique. Un an plus tard, elle se lève une nuit et compose les paroles et la musique de “Gadiamb”, et composera une quarantaine de titres (paroles et musique), publiera 2 CD, dont 1 contre la violence faîte aux femmes…

Elle vit huit années fécondes, créatives, engagées, qu’elle exprime d’une voix chaude sur de nombreuses scènes, dont les Seychelles où la Francophonie la choisit la même année que le Barde Joël Manglou.

En Novembre 2015, forte de son double parcours, en artiste accomplie, Emmanuelle Peters revient à la peinture, désormais son vecteur de créativité.

Elle fait entrer en résonance peinture, musique et ses racines d’esclaves par des expositions :

  • Collectives avec l’UDAR : mairie de Saint Denis (Patrimoine) ; semaine créole à Saint Paul (Maison Cerveau) ; 20 décembre à Saint Joseph
  • Capitainerie, salle du Hang’Art 400

Individuelles :

  • Biennales de l’art à l’éperon (mai 2016)
  • Médiathèque des Avirons avec Jean-René Ferrère
  • Lux avec Opus Art Réunion
  • A la galerie “L’ Apeka” d’André Béton
  • A la médiathèque de St-Benoit
  • A la villa du Département
  • A la Villa de la Région
  • Au Vapiano. Sous la direction d’Opus Art Réunion

Courant 2017 à 2018 sous sa varangue, patiemment, Emmanuelle réalise 40 illustrations pour un livre sur les racines des avironnais « Identité et mémoire partagées » D’Eric Ferrère.

Puis participe à la  réalisation du livre-disque «  Comme si j’avais des ailes » de Didier Delezay ( groupe musical :Oté pirates)…

Et patiemment, elle construit 3 collections, pour les exposer  d’Avril 2018 à Août 2018 à :

  • Galerie «  Rare et contemporain » ( Région Rhone/ Alpes Avril à Mai))
  • Mairie du XXème à Paris (invitée par la mairie du XXèm dans le cadre du 170èm anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Mai)
  • Galerie de la Réunion à Paris , quartier du Marais  (Juin/ Août)

Année 2019 :

  • Illustration de la couverture du livre d’ Edmond  René Lauret «  Le dernier kréol »
  • Exposition à l’ Office du tourisme  de  l’Est ( Villa Valiamée, Août)
  • Exposition collective internationale , Salon des Artistes Indépendants, Séoul, Corée du Sud ( Juin à Octobre )
  • Exposition collective internationale à l’évènement: » Mauritius international Art Fair ».  (Août)
  • 3 expositions validées de Septembre à Décembre : A l’Artocarpe, à la Région et à Médiathèque de St-Benoit.

De cette énergie bouillonnante, Emmanuelle donne à ses oeuvres vie. Ses toiles expriment la créolie, dégagent une puissance majestueuse, font naître et croître en nous l’émotion que chaque enfant, chaque femme, chaque homme ne peut partager qu’en allant d’abord puiser avec spontaneité au plus profond de son intimité.

Texte initial Isabelle Kichenin ( Auteure de« Gourmande » aux éditions Orphie), actualisé par Dominique Alincourt.

Galerie

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